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Coordinateur du projet : Isabelle ARNULF (Médecin Responsable de l'Unité Fonctionnelles des Pathologies du Sommeil, HĂ´pital de la PitiĂ© SalpĂŞtrière, PARIS) Responsable scientifique et technique : Elias KARROUM Aide Financière demandĂ©e Ă l’AFSJR :30 000 € Description fine de la composante sensitive dans le SJSR L’apport thĂ©rapeutique majeur et rĂ©cent des agonistes dopaminergiques dans le traitement du syndrome ne doit pas masquer l’apparition, actuellement, de patients soulagĂ©s au niveau de leurs jambes, mais qui continuent Ă souffrir d’une insomnie rĂ©fractaire, de somnolence ou de forte fatigue diurne : il existe donc probablement d’autres mĂ©canismes que la sensation d’impatience elle-mĂŞme (et les mouvements pĂ©riodiques de jambes) pour expliquer ces perturbations persistantes du sommeil. Nous souhaitons Ă©tudier ces diffĂ©rents groupes de patients Ă l’aide d’entretiens cliniques poussĂ©s, de questionnaires et d’examens neurophysiologiques. Il existe beaucoup d’élĂ©ments cliniques qui rapprochent le SJSR des douleurs neuropathiques : l’anticipation anxieuse du syndrome, l’impression de calvaire, de torture les stratĂ©gies d’évitement, le retentissement très important sur la qualitĂ© de vie (supĂ©rieur Ă celui des diabĂ©tiques, des arthritiques ou des dĂ©pressifs chroniques), et le bĂ©nĂ©fice des antalgiques opiacĂ©s et des antiĂ©pileptiques (comme la gabapentine).D’autres disent se rĂ©veiller (mĂŞme sans mouvements pĂ©riodiques de jambes) en ayant l’impression d’avoir Ă©tĂ© « rouĂ©s de coup ». MalgrĂ© cette similitude clinique entre SJSR et douleurs neuropathiques, la relation entre le SJSR et la douleur est encore peu Ă©tudiĂ©e. Certaines donnĂ©es cliniques et expĂ©rimentales renforcent l’idĂ©e selon laquelle le SJSR serait non seulement un trouble moteur mais aussi un trouble du contrĂ´le et de la modulation de la douleur voire une forme de douleur chronique proche des douleurs neuropathiques. Nous proposons d’étudier cette composante sensitive du SJSR chez deux groupes de patients Français. On Ă©laborera un questionnaire assez exhaustif contenant des donnĂ©es dĂ©mographique, cliniques et descriptives. Ce questionnaire sera testĂ© d’abord chez 50 patients face Ă face puis chez 1200 patients par auto questionnaire. En plus, on procĂ©dera Ă une description de la topographie des sensations dĂ©sagrĂ©ables et Ă un recensement des conditions qui les amplifient ou les rĂ©duisent. La première Ă©tape consiste Ă construire un questionnaire pouvant Ă©valuer la composante sensitive du SJSR le plus exhaustivement possible. Ce questionnaire contiendra : La troisième Ă©tape consiste Ă Ă©valuer alors ce questionnaire après validation dans une population de patients assez large, chez 1200 membres tirĂ©s au sort parmi les patients de l’Association des personnes affectĂ©es par les jambes sans repos. Nous tablons sur 80% de rĂ©ponses (960 patients). Les questionnaires seront anonymes. Enjeux et rĂ©sultats attendus. Nous attendons de ce travail une description la plus exhaustive possible des symptĂ´mes sensitifs de la maladie, et des situations qui aggravent ou soulagent les symptĂ´mes. Ces rĂ©sultats serviront Ă mieux connaĂ®tre cette maladie, ses similaritĂ©s avec la douleur, Ă mieux comprendre ses mĂ©canismes Ils pourront ĂŞtre immĂ©diatement utilisĂ©s pour conseiller les patients. MĂ©canisme de la somnolence diurne et de l’insomnie associĂ©e au SJSR : Les troubles du sommeil associĂ©s au SJSR sont frĂ©quents et peuvent ĂŞtre très handicapants. Nous observons, en pratique clinique, de nombreux patients chez lesquels on parvient, Ă l’aide d’agoniste dopaminergique, Ă un bon contrĂ´le des symptĂ´mes du SJSR et des mouvements pĂ©riodiques de jambes, mais qui conservent malgrĂ© cela une insomnie rĂ©fractaire, nĂ©cessitant d’adjoindre d’autres traitements (benzodiazĂ©pines, gabapentine). S’agit-il d’une insomnie conditionnĂ©e, c’est-Ă -dire secondaire Ă des mois ou des annĂ©es de mauvais sommeil « appris », de sensations de jambes sans repos infra-cliniques mais suffisantes pour stimuler les systèmes d’éveil, ou d’une forme d’inversion du rythme de la vigilance (les patients Ă©tant hyper-vigilants la nuit et somnolents le jour) ? La première Ă©tape consiste Ă Ă©tudier les patients se plaignant d’insomnie rĂ©fractaire au traitement dopaminergique, avec correction optimale du syndrome, Ces patients seront comparĂ©s aux patients satisfaits sur le plan de leur sommeil par le traitement du SJSR par agoniste. Ces rĂ©sultats peuvent orienter vers l’hypothèse d’un trouble du système d’éveil qui serait Ă la base de la somnolence diurne dans le SJSR. On peut aussi imaginer une inversion du rythme circadien qui diminuerait la vigilance diurne et augmenterait la vigilance nocturne. Enfin, un phĂ©nomène très particulier aux patients avec SJSR et rare dans les autres formes d’hypersomnolence, est parfois un dĂ©sir de dormir, en sieste, avec impossibilitĂ© de rĂ©aliser ces siestes rĂ©paratrices en raison de la rĂ©apparition du syndrome l’après-midi. De plus, les troubles de l’éveil peuvent se caractĂ©riser non pas par des endormissements diurnes, mais par des troubles de l’attention avec hyperactivitĂ©. Certains patients hypersomnolents utilisent l’hyperactivitĂ© diurne comme moyen de se maintenir Ă©veillĂ©. C’est pourquoi notre Ă©tude de la vigilance diurne comportera aussi un entretien et des questionnaires adultes sur l’aspect hyperactif diurne (voire nocturne) des patients. Nous proposons de tester ces hypothèses, chez des patients avec SJSR et somnolence diurne, par entretien, questionnaires, et polysomnographie suivie de tests itĂ©ratifs de latence d’endormissement (hypothèse d’un trouble de d’éveil). Ces tests nous permettront de caractĂ©riser la somnolence Il nous faut aussi dĂ©terminer s’il s’agit de patients associant insomnie nocturne et somnolence diurne (un pattern Ă©vocateur soit d’une somnolence diurne compensatrice d’une dette de sommeil, soit d’une inversion de rythme) ou s’il s’agit de patients avec un sommeil nocturne normal et une somnolence diurne (un pattern Ă©vocateur d’une atteinte d’un système d’éveil). Enjeux et rĂ©sultats attendus. Nous attendons de ce travail une meilleure comprĂ©hension des mĂ©canismes sous-tendant la somnolence diurne et de l’insomnie dans le SJSR, afin de pouvoir dĂ©velopper des moyens thĂ©rapeutiques et prĂ©ventifs efficaces permettant d’amĂ©liorer la qualitĂ© de vie des patients avec SJSR et de rĂ©duire leur risque de la somnolence en particulier au volant. |
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